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De Bordeaux à Montpellier le long des canaux


Lundi 21 août : Cap d'Agde - Frontignan


COMPTEUR
DST : 52.10 km
MOY : 15.75 km/h
TPS : 3h18
MAX : 43.9 km/h
TOT : 622.42 km
Finalement avec les bouchons la nuit s'est bien passée. Il faut dire qu'avec la fatigue et la plâtrée de spaghettis qu'on s'est enfilée (probablement 300 grammes secs pour 2) toute l'énergie s'est focalisée sur la digestion !
Comme malgré tout on s'est couchés tard, on n'a pas mis de réveil et on prévoit une nouvelle tentative de journée cool. Petit déj, on va payer et s'assurer qu'on peut rester jusqu'à midi et hop on va larver sur la plage à 100m de la tente. L'eau est de nouveau assez froide et il y a quelques petites méduses qui nous incitent une nouvelle fois à profiter plus du sable et du soleil que de l'eau. Nous sommes en maillot de bain, histoire d'essayer d'atténuer un peu ces marques de bronzages "montagnard" (gants, chaussettes, cuissards, on peut tout distinguer). On retourne au camping quand on commence à avoir chaud. On plie et à midi dix on est prêts à partir, parfait.

La vue depuis notre tente dans le camping Chargement de la vidéo... si la vidéo n'apparaît pas au bout de quelques secondes, mettez votre player Flash à jour via l'adresse suivante : http://www.adobe.com/shockwave/download/download.cgi?P1_Prod_Version=ShockwaveFlash&promoid=BIOW La mer, quelle transparence... mais quelle fraîcheur

Au programme, balade au cap d'Agde avec quelques impératifs : trouver une pharmacie pour racheter du dentifrice en poudre qu'Hélène à laissé hier matin à notre bivouac à Narbonne, de la crème solaire car la notre outre le fait qu'elle est bientôt finie et périmée depuis longtemps, donne visiblement des gros boutons sur la peau d'Hélène. Il nous faut également rejoindre la boutique SNCF (section H12 sur notre joli plan du Cap).
Les 2 premiers se passent bien, mais la suite est assez pénible. Il ne faut jamais oublier qu'avec la SNCF tout est possible, même ce que vous croyez impossible.
Tout d'abord la boutique a fermé cette année, mais elle apparaît toujours sur le plan (pourtant bien neuf). On fait donc 10 kilomètres dans des sacs de nœuds de voies rapides mal indiquées, des sens uniques jamais dans le bon sens, le tout entrecoupé de montées à je ne sais pas combien de pourcents et surtout de piétons qui ne veulent pas se bouger d'un centimètre quand bien même ils sont en plein milieu d'une piste cyclable et après 15 coups de sonnette !!!
On découvre là tout ce qu'on exècre : le touriste parisien en vacances. J'ai de plus en plus honte de dire qu'on vient de Paris quand on nous demande d'où on vient. Je préfère dire qu'on est partis de Bordeaux ou qu'on a grandi à Nantes. Bref, notre touriste jmenfoutiste, roi du monde, égoïste à souhait, qui est là pour SES vacances alors que personne ne vienne l'emmerder. On est loin des gens agréables du canal du midi, là c'est station balnéaire à fond, consumérisme de masse (Aqualand en plein milieu du port de la ville, grosses bagnoles, pouf superficielles en talons et lunettes "mouche" de la dernière mode, ...).
Je m'emporte, mais Hélène ressent la même chose que moi : quelle horreur. On se sent rejetés car pas dans ce moule. On sent qu'on dérange, on n'est pas à notre place. Le long du canal les gens nous regardaient en se disant "les fous, quel courage, bravo de faire ça, c'est bien des jeunes qui font du sport", ici il se disent "les fous, ils sont vraiment cons de trimer sur un vélo avec leur petit nécessaire de camping ridicule alors qu'on est super bien ici pour glander au soleil, danser toute la nuit, rentrer à l'hôtel et surtout claquer du fric, beaucoup de fric".

On rejoint donc la gare du centre d'Agde. Hélène va chercher les billets. 30 minutes de queue et elle revient bredouille : Notre Montpellier-Nantes (corail de nuit classique, prévu pour accepter les vélos dans un fourgon adapté, moyennant 10 euros de supplément par vélo) n'est pas complet mais il ne reste plus de place dans le fourgon à vélo ! Suggestion : Agde-Bézier / Bézier-Bordeaux / Bordeaux-Nantes et une journée de perdue. Bof, bof. On en discute et on se dit qu'on peut peut-être être à Montpellier dès ce soir (s'il y a de la place) ou au pire un jour plus tard car l'emploi du temps d'Hélène à Paris le permet encore en se démerdant bien.
Re 30 minutes de queue et pareil : de la place dans le train mais pas pour les vélos. A croire qu'en fait c'est bidon leur truc de vélos : ils font croire qu'on peut, mais en disant toujours que c'est complet ils n'ont pas besoin de mettre de fourgon à vélo dans le train !
On se décide donc pour Bézier-Nantes via Bordeaux, on rejoindra Bézier à vélo.Ok, on sort la carte bancaire et re-vlan dans la tronche " je suis désolée de vous avoir donné de faux espoirs, en fait de Béziers à Bordeaux, pas de problèmes pour les vélos, mais ensuite ce n'est plus possible il n'y a plus de place non plus !"
Las, on se décide pour la solution qu'on voulait éviter, on prend le Montpellier-Nantes initial mais en démontant les vélos pour qu'ils voyagent en tant que bagage à main. Ca sent le plan galère (démontage des vélos, vélos démontés + sacoches = intransportable à 2, ...) mais on n'a pas trop le choix.
Il faudra donc que d'ici demain soir on trouve des housses de transports adaptées car c'est obligatoire.
On paye, je vérifie le billet, la nana (fort gentille au demeurant) s'est trompée, on a demandé à partir dans la nuit de mardi à mercredi, mais le train part à 0h11 (le mercredi matin, pas le mardi soir). Elle nous a mis un billet pour le mardi matin. On zappe la queue (raz-le bol) et le billet est rapidement échangé, pffff !!!
Il est plus de 14h30, on a la méga dalle. On déjeune dans le premier parc à côté de la gare en se renseignant dans les Décathlon proches de Montpellier s'ils ont des housses. On s'en fait mettre 2 de côté ainsi qu'un multitool pour s'assurer de pouvoir tout démonter. Mieux vaut tenir que courir, on ne prend pas le risque de débarquer et de s'entendre dire "ah ben j'en avais 3 ce matin mais je les ai vendu il n'y a pas une heure". Ouf "tout" s'arrange.
On peut repartir plus sereinement vers... Sète. La route nationale est sur fréquentée mais le coin joli. C'est vraiment dommage cette route le long de la côte avec des kilomètres de voitures stationnées des 2 côtés et une plage de 30m de large à 5m... encore un méga coin à touristes où les gens nous regardent bizarrement. Certains on même le camping-car garé au ras de la plage avec l'espèce de store et surtout le groupe électrogène pour alimenter je ne sais quoi (la clim ? le congélo ?

L'aquamachin en plein dans le port d'Agde Sète Sète

On arrive à Frontignan, dommage il est 19h05 l'office du tourisme ferme à 19h. Il y a néanmoins un plan d'affiché avec les campings. On refait quelques kilomètres et ouf on se pose. La tente est vite montée car il est déjà tard. On s'écroule sur nos matelas. 52 kilomètres ! Encore une "petite" étape bien ralongée ! Demain s'annonce un peu pareil avec le détour obligatoire par Décathlon. C'est marrant, on avait planifié qu'étant donné les longues étapes du début, après Narbonne-Plage on devait vraiment faire peu de kilomètres chaque jour. On a un peu foiré nos calculs !
Exceptionnellement on traîne, la chaleur nous a donné plus soif que faim. On n'a également pas de lessive à faire ce soir car il nous reste encore 1 jour de vêtements propres et 1 jour de vélo. Après, on sera à la maison. Bilan on ne part se doucher que vers 21h10... et là on se prend un panneau "les douches sont fermées de 21h à 6h30" Première fois qu'on voit ça dans un camping, et comme par hasard la seule fois où on prévoit de se laver aussi tard. Donc pas de douche ce soir. On rentre donc à la tente pour se faire à diner. Quand on ressort, faire la vaisselle, paf coupure d'éclairage en plein milieu. Il devait être 22h, extinction des feux. Super le camping !
Du coup on rentre et on se couche bien vite.