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De Paris à Den Helder (Pays-Bas) en tandem


Mardi 14 août 2007 : Brielle -> Hoek Van Holland -> Zandvoort


COMPTEUR
DST : 101.57 km
TPS : 5h20
MOY : 19.04 km/h
MAX : 35.16 km/h
TOT : 810.4 km
Les plaques de béton courbes pour bloquer le vent Ces plaques évitent que les bateaux soient déportés dans le canal de Rotterdam

Réveil et petit dej tranquilles, on plie et on rejoint notre LF1. Pour une fois c’est plutôt bien indiqué. On croise les fameuses plaques de béton à la verticale qui servent de part-vent pour ne pas dévier les porte-conteneurs dans le canal vers le port de Rotterdam, c’est impressionnant. On prend ensuite un petit ferry (1.80 euros) pour traverser ce canal, seule voie d’accès au port et surtout seul « trou » dans la protection contre la mer avec Breskens. Ce canal est justement « fermable » par le 2ème élément anti raz de marée qui a motivé notre voyage : 2 énormes portes, un peu comme pour une écluse mais en beaucoup plus complexe. Chaque porte fait quand même 300 mètres les large (hauteur de la tour Eiffel) et pivote sur un énorme gond. Ces portes sont en calle sèche quand tout va bien. En cas de risque de grosse vague (marée de tempête), un ordi décide de fermer les portes. C’est super stratégique car comme je disais c’est la seule voie d’accès au plus grand port européen, le genre de décision qui ne se prend pas sur un coup de tête. Les cales sont inondées et les portes se mettent à flotter, ensuite elles peuvent pivoter pour se mettre en travers du canal puis elles sont remplies d’eau afin de sceller le passage de manière étanche. C’est impressionnant à voir même si on a du mal à les voir dans leur globalité quand on est au pied.
On lâche un peu notre LF1 pour approcher de ces portes de plus près. C’était notre destination finale dans la première version de notre projet à vélo si on n’avait eu que 15 jours ou 3 semaines de vacances. Etrange hasard, c’est marqué finish au sol juste à l’endroit où finit la piste cyclable qui va jusqu’aux portes...
On fait des photos, c’est chouette, c’est une nouvelle étape de franchie !

Les grandes portes anti raz de marée de Hoek Van Holland Les grandes portes anti raz de marée de Hoek Van Holland La fin initiale de notre périple si on n'avait pas eu 1 mois de vacances

Les grandes portes anti raz de marée de Hoek Van Holland Les grandes portes anti raz de marée de Hoek Van Holland Les cygnes se plaisent le long du canal de Rotterdam

On poursuit ensuite vers Hoek Van Holland, petit bled marrant avec des serres immenses partout autour de nous, serres elles même entourées de petits canaux d’irrigation, c’est assez atypique. On rentre au pays des fleurs ! Il est un peu tard dans la saison et pas de tulipes en vue, dommage !
On enchaîne les km vers Den Haag (La Haye) qu’on affleure seulement car c’est une énorme ville. On préfère suivre le long de la côte. Ce n’est pas simple et pas toujours bien indiqué, et avec le tandem et sa remorque tout tourne à gauche loupé est vite complexe à reprendre. Enfin on commence à prendre l’habitude et on communique afin de gérer ça au mieux. On a développé tout un langage pour se comprendre, aussi bien lors des manœuvres que pour se donner des indications : je dis « pédale » pour qu’LN mette la pédale droite en haut et qu’on puisse repartir, « on le fais en 2 fois » pour signifier qu’on est arrêtés sur un terrain peu propice à un redémarrage direct et qu’il vaut mieux pousser un peu d’un mètre pour se remettre sur la route et ensuite repartir du bon pied. Je vous passe les « trou », « bosse », « BOOOSSSSEEE », « fesses »... quand je vois une irrégularité sur la route et qu’on va se la prendre dans la selle. C’est assez marrant car quand on a ce langage alors qu’on croise des gens ils nous regardent genre « qu’est-ce qu’il me raconte... »
Bref, on rentre ensuite dans une longue série de dunes, la piste ondule entre chacune. C’est une alternance de petites montées, descentes, faux plats. On tient néanmoins une bonne moyenne car on a toujours le vent dans le dos. On a bien fait de faire le trajet dans ce sens car à en voir la tête des gens qu’on croise, ça n’a pas l’air top de le faire dans l’autre :)
Les kilomètrent s’enchaînent car si sur la carte ça semble droit, en réalité avec tous les méandres, on fait bien 50% de distance en plus. Le temps joue avec nous alors que l’estomac nous indique qu’il est temps de s’arrêter déjeuner. Il pleut quelques goutes... on continue en quête d’un endroit sympa mais toutes les tables ou bancs sont occupés. On finit par trouver un coin correct non occupé, avec table, banc et poubelle. On comprend pourquoi il est inoccupé un peu trop tard : c’est totalement à découvert et avec le vent on galère pour faire chauffer de l’eau pour nos pâtes. On n’en fera que la moitié sinon on risque de vider la bouteille de gaz. Là encore, 2 minutes de pluie pour nous obliger à tout ranger en catastrophe puis plus rien. Le tout 2 ou 3 fois de suite ! grrr ! Du coup on mange des biscuits, des fruits secs... un peu déçus.
On repart rapidement. Le soleil réapparait et on crève de chaud sous les coupe-vent. On les retire et 50 mètres plus loin il se remet à pleuvoir. On les remet, 2 minutes après il ne pleut plus. Tant pis on les garde ! Ca durera ainsi toute l’après-midi !
On croise un renard pas farouche dans les dunes, on s’arrête, il nous regarde mais semble plus intéresser par un truc à bouffer par terre que par nous. Des cyclistes passent à quelques mètres, il ne bronche pas. Marrant.

Principe des polders et des canaux Piste dans les dunes vers Katwijk Transporter 2 enfants à vélo ? Aucun problème !

On rejoint Katwijk, grosse station balnéaire où on hésite à faire des courses, mais on préfère continuer à rouler, se poser dans un camping et aller les faire après tranquillement. On enchaîne donc jusqu’à Zandvoort où on se paume un peu. Pas d’indications du camping qui est pourtant sur notre carte. Après 3km à tourner un peu en rond on finit par le trouver. En fait il s’agit plutôt d’un énième mini village de mobil-homes et autres caravannes à l’année comme on en a vu pas mal déjà aux Pays-Bas. Très peu de tentes et une seule place disponible... mais dans une cuvette. On nous prévient : s’il pleut, ça devient une marre. On passe ! On prend les indications pour d’autres campings et c’est reparti.
On fait quelques km et tombe sur la route des campings, il doit y en avoir 4 normalement. 1er : minable, on doit avoir 5m² pour la tente, on continue. 2ème : que pour les caravannes. 3è : comme le premier. On continue donc pour trouver le 4ème. On fait quelques km encore, se plante un peu et c’est ainsi qu’on fête notre 100ème kilomètre le même jour. Une première. On revient un peu sur nos pas et here it is, planqué entre 2 dunes. Pas d’accueil... à priori gratuit. Pourtant il y a des sanitaires pas dégeu et un peu plus de place que dans les autres campings d’avant. Parfait pour nous. Comme il a fallu passer par un parking payant pour les voitures avant on se dit que c’est le parking qui permet d’entretenir ce petit camping et on aime bien l’idée ! On plante la tente (encore humide, avec le sable de la dune je vous laisse imaginer le mélange, miam) et on se pose. Il y a une ambiance étrange ici, on dirait un rassemblement de teuffeurs attendant les indications pour une rave... C’est très jeune, bagnoles tunées avec radio à fond, ça fume du pétard tout autour... étrange... on verra bien !
Ce soir on est prêts à se coucher à ... 20h30 (sisi) et comme la fatigue de notre record d’étape est bien là... on s’endort bien vite !